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puce SYNDROME DE WEST - APPEL AUX FAMILLES (le 21/02/2006 à 07h25)

 

 

Ma nièce et filleule, Jennifer, âgée de 18 ans est atteinte d’une maladie rare : le syndrome de West.

Elle est suivie médicalement, à intervalles très réguliers et le traitement habituel qui lui est administré est du Tégrétol, un puissant anti- épileptique.

Ces derniers temps, nous avons l’impression que la maladie évolue.

En ce moment, elle se trouve dans une période de crise. Elle est entièrement happée par la peur et les angoisses refont surface, après quelques années de répit.

Par moments, elle pousse des petits cris de douleur, comme si, à l’intérieur de son cerveau, elle recevait des décharges électriques. Elle nous dit comme pour demander de l’aide « ça brûle la tête ».

Son sommeil est perturbé : plus que 3 heures par nuit. Ma sœur est épuisée ; la famille est sur les nerfs.

La situation est douloureuse pour elle, d’abord, et pour son entourage qui l’aime, ensuite.

Face à un tel syndrome, nous nous trouvons impuissants et désespérés. Que faut-il faire ? Vers qui se tourner ? Faut-il craindre le pire ? Trop d’interrogations qui nous pétrifient.

Elle est allée faire un bilan. Le dosage de son traitement  a été maintenu et du valium a été prescrit en supplément.

Malgré cela, son état « bizarre » persiste. Elle reste en contemplation ou s’adresse à un interlocuteur invisible allant jusqu’à lui faire des offrandes. Nous avons l’impression qu’elle veut le séduire pour qu’il la laisse tranquille. L’explication apportée par le psychiatre consulté a été qu’elle développait des hallucinations qui entraînent une souffrance importante.

Toute la famille s’inquiète. Les médecins essaient encore de trouver une explication à cet état : évolution de la maladie, croissance de la jeune fille, raisons hormonales… ?

S’agissant d’une maladie orpheline (bien que 2 enfants sur 3000 en soient atteints –et surtout les garçons), la science est impuissante en ce qui concerne la guérison des formes symptomatiques.

Je suppose que cela ne doit pas être rentable pour les laboratoires…

Quoi qu’il en soit, voilà la situation et un sentiment d’injustice nous étreint.

 
Historique

 Son syndrome s’est déclaré à l’âge de 6 mois. Couchée dans son petit lit, elle a été prise de convulsions soudaines : sa petite tête se soulevant vers l’avant. Ma sœur en a parlé à son médecin qui ne l’a pas trop prise au sérieux, détectant en elle une « mère trop inquiète ».

Un autre spasme a eu lieu quelque temps après. Cette fois, au bout du cinquième médecin consulté, un  pédiatre, sensibilisé à ce syndrome a prononcé pour la première fois le nom de « syndrome de West ».

La petite a été hospitalisée et traitée par corticoïdes, valium et gardénal. Son visage s’est boursouflé et des petits boutons sont apparus. On a opéré sur elle des ponctions lombaires sans anesthésie (la souffrance en 1988 n’étant pas l’intérêt majeur du corps médical ! Des syncopes associées sont apparues.

Nous avions tous mal au plus profond de nos entrailles. Ma sœur est restée 1 mois avec elle, à l’hôpital. Le gardénal ayant été mal dosé par le médecin (dose adulte au lieu de nourrisson), elle a dû être placée sous monitoring cardiaque, à domicile…

On a expliqué à ma soeur que Jennifer grandirait mais que son cerveau accumulerait du retard ; que plus tard, elle pourrait exercer, dans le meilleur des cas d’évolution, une activité manuelle, dans le pire des cas une issue fatale était possible. Toutefois, aucune autonomie n’était à espérer.

Par ailleurs, des séquelles psychologiques étaient attendues : déficit du langage, de l’intellect, retard de propreté, difficultés motrices et de préhension…

En effet, tout s’est avéré vrai.

Nonobstant, grâce à une stimulation permanente de son entourage, elle a bien évolué. Elle est devenue une enfant douce, gaie et affectueuse.

Elle parle mais son langage est limité. La préhension « fine » des choses est difficile. De plus, une présence constante, à ses côtés est requise pour tous les gestes de la vie courante (bain, lavage des dents, habillage, toilettes…).

En ce qui concerne sa scolarité, elle va dans un établissement spécialisé 6 jours par semaine, en externe. Elle fait les allers et retours dans un car de ramassage prévu à cet effet.

Dans cet institut, elle retrouve surtout des enfants trisomiques 21.

Elle s’adapte,  mais ne semble pas apprécier son école outre mesure …. En effet, elle y a connu un mélange d’handicaps  « lourds » (adolescents s’automutilant, démences diverses….).

 
Des « accidents » inexpliqués sont survenus dans l’enceinte de la structure d’accueil. Un jour, elle est arrivée à la maison se tenant la main et souffrant visiblement beaucoup. Diagnostic médical : poignet cassé ! Personne n’avait rien vu, ni les surveillants ni l’équipe pluridisciplinaire. Après enquête, il s’agirait d’une autre « élève » violente qui l’aurait poussée méchamment, en se dirigeant vers le car scolaire? sans surveillance,  la faisant tomber et se blesser.

L’année d’après, à la même période la même « élève » a recommencé ses violences et, cette fois, elle est tombée sur la face, se cassant deux dents.

Sachant que, pour les handicapés âgés de plus de 15 ans, aucun dentiste ne veut officier, ces jeunes sont expédiés à l’hôpital pour un arrachage de dents en bonne et due forme, sous anesthésie générale. Ce procédé choquant est « justifié » par le fait que l’anesthésie générale coûte de l’argent à l’état et qu’ainsi le problème est réglé une bonne fois pour toutes !!!!!!! Efficace, radical et redoutable!!!!!!!!!!

Il faut savoir que dans les instituts spécialisés, il est de coutume de servir, en majorité, des repas dits « mixés » ou « lisses » suite aux arrachages de dents intempestifs. Pour la petite histoire, les dents servent aux étudiants en médecine dentaire pour l’apprentissage des différents soins aux dents…. (Je me serais bien  passée d’une telle expérience du handicap !!!)

 
Jennifer  a déjà vécu des épisodes de crises d’angoisse qui se sont résorbés en moyenne en un mois.

Aujourd’hui, cet état semble durer un peu trop longtemps par rapport aux expériences passées (3 mois). La crise d’angoisse, elle-même est également plus aigue avec plusieurs crises d’épilepsie infra-cliniques s’y ajoutant.

Alors qu’elle mangeait goulûment, en temps normal, en ce moment, elle semble souffrir d’anorexie, refusant obstinément la nourriture, sans d’appétit.

Avant le début de la crise (quelques jours avant Noël), elle s’est mise à boire de plus en plus (limite potomanie).Eau et coca lui emplissaient le ventre à défaut de nourriture solide qu’elle se refusait à avaler. Une perte de poids conséquente (15 kg) s’en est suivie.

A ce jour, ni  les aliments solides ni les liquides ne l’attirent. Ma sœur est obligée de l’hydrater à la petite cuiller ou à l’aide d’une pipette. Pour la nourriture, il faut la forcer à manger en la maintenant assise, de force.

 
Cette situation est très difficile à vivre, pour tous.

 
En ce qui concerne les connaissances médicales, malheureusement, très peu d’informations existent sur ce syndrome, l’essentiel étant  :

Ses symptômes

En général « les spasmes infantiles surviennent dans les premiers mois de vie, souvent vers 5 mois. Les enfants présentent des mouvements brefs ressemblant à des tics s’accompagnant de spasmes des muscles  destinés aux mouvements du corps. Ces spasmes apparaissent par salves de quelques secondes (flexion de tête, en avant ou en arrière) et surviennent par crises pouvant durer plusieurs mois. Ces troubles moteurs s’accompagnent d’une régression des acquisitions et de perturbations du contact de l’enfant avec l’extérieur.

 
Son évolution

« La poussée s’arrête et laisse des séquelles psychologiques. Dans les formes symptomatiques, le développement mental ne redevient pas normal ».

 
Le but avoué de mon article est de trouver des familles, en France ou dans d’autres pays limitrophes,  qui sont dans le même cas. Nous aimerions être contactés à travers les commentaires pour en parler et échanger nos expériences. (Jennifer habite près de Strasbourg (67)). Nous vous remercions, par avance.

 

 

 

 

 

 

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